Violences ! De quoi s'agit-t-il ?

Les violences sexistes

Introduction

« Les violences faites aux femmes ne sont pas un fait isolé. Elles constituent l’un des fondements de cette oppression qui persiste sur le corps des femmes partout dans le monde. Les violences sexistes et sexuelles sont le révélateur extrême de toutes les autres inégalités entre les hommes et les femmes.

C’est pourquoi la France a fait de la lutte contre les violences faites aux femmes une priorité tant au niveau national qu’au niveau international. »

 

5 mars 2013 – 57ème session de la Commission de la Condition de la femme – Intervention de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes.

Mettre fin à la violence exercée contre les femmes constitue un préalable indispensable pour atteindre à l'égalité entre femmes et hommes.

 

Des avancées certaines ont été réalisées pour la promotion de l'égalité entre femmes et hommes dans de nombreux domaines. Toutefois, parallèlement à cette évolution positive, force est de constater la persistance des violences masculines exercées à l'encontre des femmes, ce qui explique que l'on parle de violence de genre.

 

Cette violence découle du rapport de domination qui caractérise encore et toujours les rapports sociaux de sexe. C'est donc à ce niveau qu'il faut agir pour éliminer les comportements de contrôle des hommes sur les femmes, contrôle aux multiples manifestations, toutes trop longtemps tolérées.

 

Il ne sera pas possible en effet, de progresser davantage dans l'établissement d'une pleine égalité entre femmes et hommes tant que perdureront en aussi grand nombre des violences dans le couple, viols par inceste et viols, atteintes et exploitation sexuelle, prostitution, harcèlement sexuel, mutilations sexuelles féminines, mariages forcés...

Il ne sera pas possible de bénéficier des progrès des luttes contre les inégalités formelles tant que ne seront pas refusés par tous le sexisme et les inégalités qui ont fondé nos sociétés.

 

La lutte contre les violences faites aux femmes s'est engagée depuis longtemps à partir des initiatives d'associations féministes. Les trois dernières décennies ont vu se développer l'investissement des pouvoirs publics dans l'élaboration de politiques cohérentes et repérables pour traiter, réprimer, prévenir la violence sexiste.

Depuis les années 1980, les ministres chargées des Droits des Femmes ont rappelé régulièrement que la lutte contre les violences masculines à l'encontre des femmes constitue pour l'Etat une action prioritaire à mener en partenariat.

 

Le travail mené sur ce terrain se fonde sur les éléments d'analyse du groupe de travail Violences à l'encontre des femmes, réuni par le gouvernement dans la perspective de la Conférence sur les femmes à Pékin de 1995 ; qui ont été repris et synthétisés dans le Rapport officiel remis par la France à l'ONU et publié en septembre 1994 (Les femmes en France : 1985-1995. Rapport établi par la France en vue de la 4ème conférence mondiale sur les femmes).

 

L'Europe s'est aussi mobilisée contre les violences à l'encontre des femmes. Une importante campagne du Conseil de l'Europe a été lancée en 2006 contre la violence à l'encontre des femmes, à destination de l'opinion publique, et afin d'exhorter les Etats membres à prouver leur volonté politique en la matière. Cette lutte est inscrite dans la feuille de route de la Commission Européenne pour l'égalité entre les femmes et les hommes 2006- 2010, qui comprend dans ses 6 axes prioritaires « l'éradication de toutes les formes de violence fondée sur le genre »

 

Dans la nouvelle stratégie pour l'égalité femmes-hommes 2011-2015, 5 actions prioritaires sont affichées dont l'action 4 «Dignité, intégrité et fin des violences fondées sur le sexe » visant la lutte contre les violence faite aux femmes.

 

Cette stratégie est accessible en ligne en cliquant  ICI

 

 Par allieurs, la Convention du conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre les violences à l'égard des femmes et la violence domestique (2011) (STCE n°210) a été ouverte à la signature à l'occasionde la 121e session du Comité des Ministres qui réunit à Istanbul les ministres des affaires étrangères des 47 états membres de l'Organisation. Les pays non européens et l'Union européenne peuvent également y adhérer.

Ce nouveau traité phare du Conseil de l'Europe est le premier instrument international juridiquement contraignant à créer un cadre juridique complet pour protèger les femmes.

 

Ce traité est accessible en ligne en cliquant ICI

 

Lutter contre les violences sexistes : une priorité incontournable.

Qu'elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles, les manifestations des violences faites aux femmes sont encore difficiles à estimer. Elles sont encore insuffisamment prises en considération, certaines violences sont encore minimisées comme relevant de la sphère privée, ou de « conflits familiaux », et les victimes confinées au silence. Pourtant une femme (encore) meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son (ex) conjoint en France.

 

Face à ce fléau, l'engagement de l'Etat a été renforcé ces dernières années pour prendre en compte de façon spécifique les femmes victimes de violences, mais aussi prévenir et sensibiliser contre ces violences :

 

Sur le plan judiciaire, la problématique spécifique des violences conjugales a été prise en compte par les cours d'appels (Paris et Versailles); même si des progrès restent encore à faire.

 

  • L'accompagnement des femmes victimes de violences s'est également renforcé, notamment avec la mise en place de référents locaux sur les violences conjugales, et l'amélioration de l'accueil et de l'hébergement des femmes victimes.
  • La prise en charge des auteurs de violences, à travers des structures et des traitements adaptés, est également devenue un impératif afin de lutter contre la récidive.
  • La formation des professionnel-le-s (santé, milieu socio-éducatif, police et gendarmerie...) a été repensée afin d'améliorer le repérage des violences dans le cadre de leur travail, et assurer une meilleure orientation et une prise en charge adaptée des femmes victimes de violences.
  • La sensibilisation et la responsabilisation du public sur cette problématique est nécessaire pour prévenir les comportements sexistes, et lutter contre les préjugés qui peuvent aboutir à des conséquences dramatiques. Dans ce cadre, l'outil médiatique a été mobilisé, à travers des campagnes de sensibilisation visant à favoriser le changement des mentalités sur les rapports de genre.
  • Il faut également cibler le public jeune, par le bais d'un volet éducatif, en multipliant les opérations pour favoriser le respect entre filles et garçons à l'école. La Convention interministérielle pour l'Egalité entre les filles et les garçons dans le système éducatif 2013-2018  prévoit 3 domaines d'intervention parmi lesquels "Renforcer l'éducation au respect mutuel et à l'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes" qui comprend un volet visant à "Mieux connaître et pévenir les situations liées aux comportements et violences à caractère sexiste et sexuel dans le système éducatif". Cette convention est déclinée territorialement (en cours pour l'Ile de France).
    Cette convention est accessible en ligne en cliquant ICI

Le Ministère des droits des Femmes (depuis 2012)

" La liberté, l'égalité, la dignité des femmes, c'est une cause universelle. C'est l'une des grandes causes qui fait que nous sommes la République française (...). Ce n'est pas l'engagement d'une journée, ce n'est pas le combat d'une année (...), cette cause là est la justification de tout mandat exercé au nom du peuple français et d'abord le mien." (François Hollande, 7 mars 2013)

En mai 2012, le Ministère des droits de femmes a été réactivé après 26 ans d'absence. Pourquoi ?

La réalité, celle des chiffres comme celle ressentie par les Françaises et les Français, atteste qu'en dépit d'indéniables progrès, en dépit des textes internationaux ou, dans le droit interne, des modifications successives de la Constitution et de la législation consacrant l'égalité dans le champ professionnel, dans le champ de la représentation dans la vie politique ou sociale, l'égalité reste un champ de conquête.

 

Cette conquête ne pourra se faire que si elle implique la société française dans son ensemble, aussi bien les hommes que les femmes. Après les droits civiques reconnus à la Libération, après les droits économiques et sociaux des années 70 et 80, il s'agit désormais de définir les conditions d'une égalité réelle et concrète. Cette troisième génération des droits de femmes repose sur un effort sans précédent pour assurer l'effectivité des droits acquis d'une part, mais aussi sur un travail d'éducation et de changement des comportements pour agir sur la racine des inégalités.

 

Ce travail, qui commence dès l'école, doit se faire également dans les institutions, dans les administrations, au sein de la famille, dans l'entreprise, dans les medias et les associations. Parce que les inégalités sont présentes partout, nous devons agir partout.

 

(Voir des détails sur l'actualité du Ministère en cliquant ICI

 

Les violences faites aux femmes : définition

Définition retenue par l'ONU

Dans sa Déclaration sur l'Elimination de la violence contre les femmes, adoptée par l'assemblée générale en novembre 1993, l'Organisation des Nations-Unies définit ainsi ces violences :

 

« La violence faite aux femmes désigne tout acte de violence fondé sur l'appartenance au sexe féminin, causant ou susceptible de causer aux femmes des dommages ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, et comprenant la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée. »

 

Ces violences s'exercent dans la sphère publique et privée, et prennent différentes formes (verbales, physiques, psychologiques, sexuelles). Elles se manifestent à travers des paroles, des comportements, des attitudes, des actes et des gestes.

 

Le continuum des violences exercées à l'encontre des femmes

Une origine sexiste

Cette violence met à jour des processus, conscients ou inconscients, d'emprise sur le corps des femmes, d'annexion de leur espace physique et symbolique. Il est donc bien ici question de domination. Les violences contre les femmes ont leur racine dans le rapport de pouvoir inégal entre femmes et hommes : elles sont liées à des inégalités structurelles au sein de la société, qui rendent possible/encouragent les violences masculines à l'égard des femmes. Ces violences sont générées par des apprentissages et une conformité à des rôles et schémas sociaux différents pour les deux sexes.

 

Lutter contre les violences, c'est donc aussi remettre en cause les stéréotypes sexistes (nichés y compris dans notre quotidien, dans la publicité mais aussi dans les manuels scolaires) dès le plus jeune âge, qui sont le terreau de relations inégalitaires pouvant laisser place à /cautionner une forme de domination physique des garçons sur les filles.

 

Un documentaire à l'appui : « La Domination Masculine » (P. Jean, 2009).

Images dans la publicité, jouets sexistes, différences de salaires, violence conjugale : un continuum se dessine dans lequel s'inscrivent les violences à l'encontre des femmes. Les enfants continuant d'être éduqués dans des stéréotypes de genre, une injustice omniprésente tournée contre les femmes se perpétue dans nos sociétés occidentales, avec toutefois des évolutions, très lentes et des régressions, nombreuses. Et avec un sentiment général que le problème serait résolu.

 

A travers des situations drôles ou terribles, Patric Jean interroge frontalement notre société, pour dessiner les contours d'une domination masculine encore bien présente, et aux effets bien réels.

Ce film est sorti le 25 novembre 2009 : Voir le site du film

 

Données Chiffrées

L'Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF) publiée en 2000 a révélé que parmi les femmes de 24 ans à 59 ans vivant en couples, 1 sur 10 à été victimes de violences (verbales, psychologiques, physiques  et/ou sexuelles) de la part de son conjoint ou concunin dans l'année précédent l'enquête.

 

Les violences au sein du coiuple sont les plus fréquentes. ces violences sont majoritairement le fait d'aggresseurs masculins adultes.

 

Selon Office National de la Déliquance et de la Réponse Pénale (ONDRP) 404 000 femmes déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles par leur conjoint ou ex conjoint en 2010-2011

 

En 2013 selon l'étude annuelle du ministère de l'intérieur (délégation aux victimes) 121 femmes sont décédées sous les coups de leur compagnon ou ex compagnon, ainsi que 13 enfants